Je cherche les vins qui font taire une table.

Pas ceux qui impressionnent. Ceux qui arrêtent net. Qui font poser le verre, regarder l’étiquette, et demander : c’est qui, ce vigneron ?

Adrien Rabany. Sommelier, caviste, éditeur.

J’ai grandi dans une famille où le vin comptait. Mon grand-père avait des parcelles à Châteauneuf-du-Pape, vendues avant ma naissance. Mais la mémoire, elle, ne se vend pas. Un Château Grillet 2002 ouvert avec mon père. Mon premier Jacques Selosse découvert avec mon épouse. Une Rose de Jeanne débouchée à l’improviste avec mon frère. Ce sont ces moments où j’ai compris qu’un vin peut provoquer une émotion incroyable.

RA WINES, c’est le résultat de ce travail. Une sélection tranchée. Une voix qui assume ses partis pris. Et un magazine imprimé pour raconter les gens derrière les bouteilles, parce qu’un vin sans histoire, c’est juste du jus.

CE QUI COMPTE.

Des vins vivants. Faits à la vigne, pas en cave. Des vignerons qui font des choix et qui les assument, même quand ça déplaît, même quand ça surprend.

Je ne cherche pas la perfection technique. Je cherche l’émotion. Ce petit déséquilibre qui rend un vin inoubliable, cette tension entre ce que le verre donne et ce qu’il retient. Un vin trop carré ne raconte rien. Un vin qui frémit, qui évolue dans le temps, qui change d’une heure à l’autre, ça m’intéresse.

Ça se trouve en Bourgogne. En Jura. En Languedoc. En Rhône, évidemment, c’est mon territoire, celui que je connais dans les détails, les millésimes, les hommes. Parfois en Espagne ou en Italie, quand une bouteille ouverte par hasard un soir remet tout en question. Je ne suis pas sectaire. Je suis exigeant.